L’éthique dan l'éducation
L'enseignement de léthique commence dans la cour de récréation
Le rôle de l’école et des enseignants dans l’apprentissage de la distinction entre le bien et le mal se trouve au cœur même de notre structure sociale selon la baronne Warnock.
Lorsqu’on lui demande pourquoi il est important de donner aux enfants une éducation éthique, le visage de la philosophe Mary Warnock est saisi par l’effroi.
La société en dépend entièrement, affirme-t-elle avec énergie, si les enfants grandissaient sans avoir une notion de la distinction entre ce qui moralement est bien ou mal, nous ne pourrions alors avoir ni loi, ni personne pour obéir à ces lois. Le plus inquiétant dans le monde, ce sont les gens qui n’ont aucune valeur morale et ne comprennent pas ce qu’est la morale.
La baronne Warnock pense que le meilleur endroit pour apprendre est l’école, et ce, dès le plus jeune âge.
Je crois profondément à cette idée que l’apprentissage des enfants doit se faire avant l’âge de sept ans, ajoute-t-elle. Même les très jeunes enfants peuvent apprendre de leurs enseignants qu’il existe de bonnes et de mauvaises manières de se comporter. Cela devient bien plus difficile au fur et à mesure que les enfants grandissent parce qu’ils ont plus de doutes.
Conformément aux recherches menées par le Baccalauréat International en matière d’éducation éthique, la baronne ne croit pas que des cours d’éthique, en tant que tels, soient très utiles, sauf si les élèves envisagent d’étudier la philosophie. Les valeurs éthiques doivent être inculquées en instaurant un climat moral et par le biais de la philosophie de l’école.
L’école est un lieu où l’existence même de la moralité doit être enseignée dès que les enfants franchissent les murs de l’école, dit-elle. C’est un lieu d’entraînement où un enfant peut apprendre à discerner le bien du mal. Les jeunes enfants apprennent grâce à des exemples, par conséquent les enseignants doivent être vigilants et veiller à toujours bien se comporter. C’est une lourde responsabilité qui repose sur le personnel enseignant, à savoir celle d’être des enseignants éthiques. Ils doivent faire preuve d’équité, ne montrer aucun favoritisme et être ouverts avec les élèves. Ceux qui ont le plus d’influence seront ceux qui emploient un vocabulaire éthique : ils peuvent dire "Ce n’est vraiment pas beau – ou c’est vraiment gentil – ce que tu viens de faire" ; "Ne penses-tu pas que tu as eu plus que ta part ?".
La baronne va même jusqu’à suggérer que cette idée de bien se comporter devrait faire partie d’une formation professionnelle de l’enseignant. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les parents ne doivent pas contribuer à cet apprentissage.
La morale commune peut s’apprendre à l’école et à la maison, souligne Warnock, mais malheureusement, dans certains foyers, on ne connaît pas le vocabulaire moral et par conséquent, cette lourde responsabilité revient alors entièrement à l’école.
La baronne pense que, dans les premières années de l’enfant, son origine ethnique n’a pas d’importance ;les bons et les mauvais comportements sont identiques dans l’ensemble de la société multiculturelle actuelle.
Les principes de base, par exemple qu’il n’est pas bien d’être cupide et violent ou encore de blesser ou de décevoir les autres, sont tout à fait communs à toutes les cultures, affirme Warnock ; c’est seulement lorsque les enfants sont plus âgés qu’un conflit peut apparaître entre l’école et la maison. Cependant, à ce moment-là, avec un peu de chance, la différence de base entre le bien et le mal est déjà bien ancrée.
À l’âge du primaire, Warnock pense que les enfants peuvent commencer à apprendre à discerner le bien du mal grâce à la notion de honte.
La honte joue un rôle extrêmement important dans l’éthique, précise Warnock ; les très jeunes enfants peuvent apprendre de leurs expériences lorsque leurs enseignants ou leurs camarades de classe les désapprouvent. C’est la pensée d’Aristote et l’idée qu’au bout d’un certain temps, vous n’aurez plus besoin de la présence des autres autour de vous pour éprouver un sentiment de honte. Il y a certaines choses que vous ne feriez pas même si vous étiez seul sur une île déserte.
Cependant, lorsque les enfants sont un peu plus âgés, la baronne précise que la notion de société doit également entrer en jeu.
C’est l’âge auquel il faut faire comprendre aux élèves qu’ils sont tous dans le même bateau et qu’ils ne peuvent réaliser leurs propres désirs sans se soucier des autres, souligne-t-elle. Un enfant doit apprendre que tout le monde est soumis à la tentation et qu’il doit se garder d’y succomber. Parce que nous sommes humains, nous sommes libres de choisir mais nous devons apprendre que nous ne sommes pas obligés de choisir la mauvaise attitude.
La baronne a également la conviction que les enfants de cet âge seront intéressés, dès lors, à réfléchir sur les théories et les questions morales au sein de leur propre société et de leur gouvernement ainsi que sur celles présentes dans le monde entier.
Les adolescents adorent discuter de ces sujets, dit-elle, examiner les problèmes et dans quelle mesure la notion de morale entre en jeu. C’est bien de leur ouvrir les yeux sur les problèmes globaux. L’IB dispose de toute l’infrastructure nécessaire pour enseigner des sujets traitant non seulement du gouvernement, mais également du gouvernement international ; pas seulement du droit, mais du droit international. Je trouve cela absolument passionnant.
La morale internationale est évidemment quelque chose qui préoccupe la baronne Warnock.
La question est de savoir si nous pouvons formuler une politique internationale publique qui serait vraiment efficace, souligne-t-elle. L’ONU a déjà essayé mais ce qui est vraiment intéressant ici, c’est la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cela présuppose qu’il y a une morale supérieure aux différentes notions de morale présentes dans les différentes cultures.
Ce que l’on espère, c’est que ce que les enfants apprennent à l’école à propos du bon ou du mauvais, du bien et du mal, les accompagnera toute leur vie au fur et à mesure qu’ils s’intégreront dans la société et deviendront des citoyens du monde."
Une bonne école, écrit Mary Warnock dans An Intelligent Person’s Guide to Modern Ethics, forgera des élèves qui voudront poursuivre ce qu’ils ont commencé. Quoiqu’ils fassent, ils voudront le faire bien. Au fur et à mesure qu’ils comprendront plus clairement ce que cela implique d’être un être humain, ils voudront en être de bons exemples.
La baronne admet que tous les enfants ne saisiront pas cela de la même manière : certains réussiront mieux que d’autres à ne pas succomber à la tentation.
Mais, s’ils savent qu’ils peuvent résister, ajoute-t-elle enjouée, ils ont plus de chances de finir du bon côté de la barrière, ce qui sera globalement une bonne chose pour la société.
L’éducation éthique selon l'IB
L’IB repose sur la conviction qu’une éducation éthique permet de guider et d’aider les élèves, et leur demande de réfléchir à leurs choix et à leurs actes, aux choix et aux actes des autres, et à la façon dont ces actes peuvent affecter les autres. Un enseignement efficace de l’éthique ne se fait pas dans les cours, mais plutôt en abordant des questions éthiques par le biais d’une investigation structurée et d’une pensée critique.
Elle se fait également en développant un environnement d’apprentissage et une philosophie au sein de l’établissement, aussi bien sur le plan théorique que pratique. Le profil de l’apprenant est essentiel pour aboutir à cette réflexion et pousse les élèves à développer leur propre code de valeurs, en les guidant vers une compréhension de ce qui est bien grâce à la réflexion et au débat.
Par exemple :
Programme du diplôme de l’IB
TdC :
l’un des domaines de la connaissance est l’éthique – comment nous pouvons savoir ou justifier ce que nous devrions faire.
CAS :
résultat d’apprentissage – les élèves ont réfléchi aux implications éthiques de leurs actions.
Groupe 4, sciences expérimentales :
fait prendre conscience des implications morales, éthiques, sociales, économiques et environnementales de l’utilisation de la science et de la technologie
Commerce et gestion :
identifie les facteurs sociaux et culturels ainsi que les considérations éthiques des actions des organisations
TISG :
un tiers du cours est intitulé : « Questions sociales et éthiques ». Pour chaque thème étudié en TIGS, les élèves doivent réfléchir aux questions sociales et éthiques
Religions du monde :
quels sont les enseignements éthiques essentiels d’une religion et quelles en sont les interprétations importantes ? Dans quelle mesure le comportement éthique et moral peut-il être influencé par le contexte social, politique ou culturel ?
Programme de premier cycle secondaire
Contenu éthique :
les élèves étudient et examinent les dimensions éthiques de certaines questions dans tout le programme
Aires d’interaction :
les aires d’interaction permettent d’aborder les questions éthiques fondamentales dans toutes les matières
Les questions éthiques sont intégrées dans certains objectifs des matières, par exemple :
étudier comment la science et ses applications interagissent avec les facteurs sociaux, économiques, politiques, culturels et éthiques
Programme primaire
"Donner un sens" est un objectif essentiel dans le PP :
il s’applique à l’éthique ainsi qu’à tous les domaines de la connaissance
Cycle d’action :
Le fait de réfléchir/choisir/agir aide les élèves à donner un sens à leurs actes et à comprendre pourquoi ils agissent d’une certaine façon et les aide à établir un code personnel. Les élèves commencent à construire leur compréhension du comportement qui est accepté et attendu dans la communauté, et peuvent justifier leurs actes vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis des autres.

Je crois profondément à cette idée que l’apprentissage des enfants doit se faire avant l’âge de sept ans, ajoute-t-elle. Même les très jeunes enfants peuvent apprendre de leurs enseignants qu’il existe de bonnes et de mauvaises manières de se comporter. Cela devient bien plus difficile au fur et à mesure que les enfants grandissent parce qu’ils ont plus de doutes.