Dans cette section

Rechercher une école du monde de l'IB

L'IB pays par pays
 Imprimer cette page  Imprimer cette page
 Envoyer cette page par courriel Envoyer cette page par courriel

Share

Profil : Sir John Daniel

L’éducation incarnée

Sir John DanielSir John Daniel a consacré toute sa vie à l’apprentissage. Pam Upton dresse le profil de cet ardent défenseur des programmes d’enseignement internationaux qui a participé au Conseil de fondation de l’IB.
Sir John Daniel incarne le cauchemar de tout biographe. Il faudrait consacrer un numéro entier du magazine à la présentation de l’intégralité de son curriculum vitæ. Et encore, l’encre aurait à peine eu le temps de sécher que les informations seraient déjà obsolètes. Aux dernières nouvelles, il avait à son actif 30 doctorats, charges d’enseignement et autres chaires dans des universités et associations professionnels de 16 pays. Il a aidé l’IB à traverser une période charnière de croissance et d’évolution dans les années 90 et, en 1994,  reçut en Grande-Bretagne le titre de chevalier pour services rendus à l’enseignement supérieur.  Il a siégé à d’innombrables comités, conseils et sociétés, et est constamment sollicité en tant qu’intervenant à des conférences dans le monde entier. Et tout cela, tandis qu’il menait une carrière remarquable dans l’éducation ouverte et à distance. Pas mal pour quelqu’un qui avait « abandonné » ses études.

Actuellement président du Commonwealth of Learning, Sir John a passé la première partie de sa carrière dans différentes universités. Il a suivi des cours dans chaque institution, et fut personnellement confronté aux aléas de la vie étudiante.

C’est avec plaisir qu’il nous raconte comment il lui a fallu un demi-siècle pour obtenir l’un de ses diplômes.

« En 1992, je travaillais pour l’Open University au Royaume-Uni et je venais tout juste de terminer à distance un diplôme en théologie en tant qu’étudiant à temps partiel », explique-t-il. « Je cherchais un nouveau diplôme à passer et Kristin, ma femme, décida qu’il était grand temps que je termine la maîtrise que j’avais abandonnée 25 ans plus tôt. »

Le service des inscriptions de l’université Concordia à Montréal a dû être étonné de recevoir une candidature provenant du vice-recteur de l’Open University.

« J’ai reçu une lettre m’indiquant très aimablement qu’ils étaient dans le regret de m’informer que le cours que j’avais suivi n’était plus dispensé », se souvient Sir John. « Néanmoins, comme mon CV indiquait que j’avais mis à profit ce que j’avais étudié à l’époque, ils acceptaient de me reprendre. »

Il passa un mois à terminer sa thèse et obtint son diplôme en 1996, allongeant un peu plus la liste de ses qualifications et, au passage, offrant une véritable leçon d’espoir aux étudiants du monde entier traversant une période difficile. 

Les années 90 marquèrent par ailleurs l’entrée de Sir John dans le monde de l’IB.

Dès son arrivée, il puisa sa motivation tant dans ses convictions personnelles que dans son intérêt professionnel. En effet, sa fille Catherine était élève à l’United World College of the American West au Nouveau Mexique. En 1992, il fut convié à rejoindre le Conseil de fondation dont il fut élu vice-président en 1997. Durant cette période de croissance accélérée pour l’IB, il fallut prendre des décisions cruciales concernant le programme et la structure de l’organisation. Le Programme primaire et le Programme de premier cycle secondaire furent introduit au cours de cette période. Si ces derniers ont toujours fait la fierté de Sir John et de ses pairs, à l’époque, cette initiative porta à controverse.

« Certaines personnes n’étaient pas convaincues », se souvient-il. « À partir du moment où vous connaissez un succès tel que le Programme du diplôme, vous hésitez à le remanier. »

Contraint de quitter le conseil en 1999 en raison de la pression exercée par son travail, Sir John a néanmoins suivi l’évolution de l’IB avec un intérêt particulier. La dimension internationale, l’accès à l’apprentissage et l’apprentissage en ligne ont occupé une place prédominante tout au long de sa carrière, et sont des thèmes qui sont aussi au cœur de la stratégie actuelle de l’IB. En tant que Sous-Directeur général pour l’éducation à l’Unesco de 2001 à 2003, il avait fait de l’Éducation pour tous la priorité de son mandat. Cette campagne d’envergure internationale avait pour ambition d’offrir une éducation de base de qualité à tous les enfants et tous les adultes d’ici 2015. Il est ravi des constater que cette initiative fait désormais partie du plan de développement de l’IB.

« Il est inévitable qu’il y ait des tensions entre le concept d’un programme d’éducation internationale et la nécessité d’adapter le programme aux besoins locaux », expose-t-il. « Personne ne saurait affirmer que tous les établissements dans tous les pays doivent suivre le même modèle. Ce qui est possible, malgré tout, c’est de veiller à l’équité des résultats [d’apprentissage] pour les élèves du monde entier, quelles que soient les circonstances. »

En tant que président du Commonwealth of Learning, Sir John aide les pays en voie de développement à améliorer l’accès à l’éducation par le biais de la technologie. Pour lui, l’IB gagnera à exploiter les technologies de l’apprentissage en ligne pour élargir l’accès à l’éducation. Il présente le débat opposant qualité et accès comme un « faux dilemme ».

« Avant, on considérait qu’une éducation était de qualité lorsque son accès était réservé à une minorité », explique-t-il. « Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Il est rarement facile de changer, tout particulièrement pour les organisations qui connaissent la réussite. Mais les technologies modernes offrent la possibilité de proposer plus de cours à un plus grand nombre d’élèves, et ce à un moindre coût. »

Lorsqu’on lui demande son sentiment à l’égard de son époque à l’IB, Sir John est partagé entre fierté et gratitude.

« J’y ai appris que la gestion d’une organisation internationale n’est pas une mince affaire », confie-t-il « Mais la satisfaction que cela peut procurer est inestimable. Depuis sa création, l’IB donne au terme international une définition à double sens. Il caractérise à la fois un diplôme reconnu à l’échelle internationale, mais aussi des citoyens faisant preuve de sensibilité internationale qui ont la sagesse et la détermination d’améliorer le monde qui nous entoure. Il n’a jamais été aussi nécessaire de faire valoir la seconde définition du terme international. »

 

CV – Sir John Daniel

1942      Naissance en Angleterre

Formation et diplômes

1960
Reçoit une bourse ouverte (sciences naturelles) à l’université d’Oxford, et obtient un diplôme de métallurgie avec félicitations du jury en 1965

1965-69
Université de Paris, doctorat ès sciences physiques

1970-75
Sir George Williams University, Montréal (étudiant à temps partiel)

1992
Diplôme de théologie, université Thorneloe, Ontario

1996
Maîtrise d’Arts (Technologie de l’éducation), université Concordia, Montréal

1975-2001
Suit plusieurs cours à distance à la Télé-université (Québec), l’université Athabasca (Alberta) et à l’Open University (Royaume-Uni)

Parcours professionnel

1969-73
Professeur, département d’ingénierie               métallurgique, université de Montréal

1973-77
Directeur des études, Télé-université, Québec

1978-80
Vice-président des services linguistiques, Athabasca Open University, Alberta

1980-84
Vice-recteur, université Concordia, Montréal

1984-90
Président, université Laurentienne, Ontario

1990-2001
Vice-recteur, Open University, Royaume-Uni

2001-2004
Sous-Directeur général pour l’éducation, Unesco

2004-
Président, Commonwealth of Learning

Parmi les fonctions non exécutives qu’il a exercées :

1982-83
Président, Société canadienne pour l’étude de l’enseignement supérieur

1982-85
Président, International Council for Distance Education

1988-89
Président, Association canadienne pour l’éducation à distance

1992-99
Conseil de fondation de l’IB (vice-président de 1996 à 1999)

1994
Fait chevalier par la Reine Elizabeth II pour services rendus à l’enseignement supérieur

Ouvrage le plus célèbre (parmi 250 publications) :

Mega-Universities and Knowledge Media: Technology Strategies for Higher Education (Kogan Page, 1996)